INTERVIEW
PAR ROMAIN DOUCHIN
Alain Rousseau sillonne l’Europe pour préparer l’avenir du port
Rentré de Berlin il y a quelques jours où se tenait un important salon logistique sur le transport de fruits et légumes, Alain Rousseau, directeur du développement portuaire à la chambre de commerce, s’apprête à repartir à Oslo, en Norvège. S’y déroule un autre salon, où il présentera les liaisons maritimes du futur bateau à grande vitesse (BGV). Avant cela, il parle de l’importance de faire la promotion du port de Boulogne à l’étranger.
En quoi cette promotion des activités du port et de la filière produits de la mer dans les salons est-elle importante ?
« Parce que c’est essentiel de se connaître, de rencontrer des clients potentiels. Les salons où l’on se rend sont de plus en plus spécialisés. Si on prend l’European Seafood Exhibition (ESE) de Bruxelles, le salon des ports de pêche qui se tient en avril, on y rencontre tous les exportateurs mondiaux de poissons frais. Le port de Boulogne est un gros acheteur pour son industrie locale de transformation, il est donc important d’y être. On amène avec nous des acheteurs, des transformateurs boulonnais de la filière produits de la mer. »
Depuis quand faites-vous la promotion du port dans des salons ?
« Depuis dix ans. On a fait le constat que ça coûtait moins cher de participer à un salon où se trouvent nos clients que de se payer souvent des voyages à l’autre bout du monde. Même s’il faut préciser qu’une présence dans un salon de niveau mondial coûte de plus en plus cher. Pour le salon de Bruxelles par exemple, c’est autour de 400 000 €. On a des aides, notamment de l’Europe. Le jour où on ne les aura plus, on ne pourra plus faire face. Depuis le 1er janvier, le port de Boulogne a été décentraIisé à la Région, on attend donc une vraie implication. »
Quels atouts mettez-vous en avant lors de ces salons ?
« La place de Boulogne en tant que plate-forme de transformation du poisson la plus importante au nord de l’Europe. Et puis, on a aujourd’hui un autre formidable atout, c’est le projet d’autoroute de la mer avec Ies bateaux à grande vitesse (BGV). Si les infrastructures sont prêtes, on peut démarrer Ies liaisons avec l’Espagne, Ia Norvège et l’Angleterre en juin/juillet 2008. On a trouvé avec le BGV, qui naviguera à 70 km/h, une alternative au transport routier des marchandises et moins polluante que la circulation des camions. Ce sera une totale révolution des services maritimes à condition qu’on soit aussi rapide dans les opérations portuaires. »
Comment quantifiez-vous l’impact d’une présence sur un salon ?
« C’est difficile de quantifier le retour qu’on a. Un seul contact, s’il est bon, peut être décisif. À Berlin, par exemple, on a eu des centaines de contacts pour le BGV mais un s’est avéré être très sérieux. Il a été établi avec des Anglais qui sont très intéressés pour utiliser notre service rapide de transport maritime pour faire remonter des fruits et légumes d’Espagne à Boulogne puis jusqu’en Angleterre. »
Y a-t-il un domaine dans lequel le port de Boulogne doit progresser pour être encore plus attractif ?
« On doit être présent sur les salons, c’est primordial. Et on doit travailler un de nos gros handicaps : la maîtrise de l’anglais. Ce sera un critère de recrutement. On n’a aucune chance de réussite sur le port si on ne parle pas au moins deux langues, l’anglais et l’espagnol. »
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